Troisième partie






« Le son des guitares qui se fracassent au sol raisonne dans ma tête, celui de sa colère encore plus.
Détruis tout. Défoule toi. Détruis moi. Mais ne te sauve plus jamais. »




Point de vue Hailey



Quand je me réveille il est toujours là, endormi à même le sol. Il a tenu sa promesse, il est resté avec moi. C'est idiot mais cela me touche. Je le regarde dormir, j'aurais pu dire qu'il semblait paisible comme souvent quand les gens dorment mais ce n'est pas le cas. Même dans son sommeil ses traits sont durs. Même quand il dort il est tout sauf paisible. J'ai mal à la tête. La porte est entrouverte, un négligence de sa part. Je reste plusieurs minutes comme une idiote à me demander si je dois le faire ou pas. Après ce qui c'est passé cette nuit, après ce qu'il a fait pour moi j'ai le sentiment de le trahir si je pars.. Je me sens mal. Putain qu'est-ce-qu'il te prend Hailey ? Bien sur que non tu ne le trahis pas, c'est toi la victime pas lui ! Je crois que mon esprit s'embrouille tout seul. C'est ma seule chance. Je repousse les couvertures et me lève, il est entre moi et la liberté. Son corps est entre moi et la liberté. J'ai le cœur qui bat, j'ai l'impression qu'il va exploser. Si je le réveille.. Je ne préfère même pas imaginer sa réaction. Je l’enjambe le plus silencieusement possible, ça y est. Il remue, je me fige, je cesse de respirer. Il dort toujours. Respire Hailey tu peux le faire. J'attends quelques secondes pour être certaine qu'il ne se réveille pas et j'avance vers la porte. Je l'ouvre doucement et sors de la pièce. Je reprend ma respiration, j'ai réussi. Je me mets à courir le plus vite possible. L'adrénaline et la peur qu'il m'attrape à tout moment me brûlent les poumons. Je monte le même escalier que la dernière fois. J'ai peur. J'ai peur de voir surgir son frère encore une fois. Quand je pousse la porte, il n'y a personne. Je ne perds pas de temps et traverse la cuisine. Je tombe sur le hall d'entrée, la porte est là devant moi, ma liberté est là devant moi. Je l'ouvre et le soleil m’éblouit, je ne l'avais pas vu depuis si longtemps qu'il me brûle les yeux. J'ai un mouvement de recul et je vois Louis avancer dans l'allée, merde, je ne sais pas si il m'a vu. Je panique.


- Hailey !


C'est la voix de Harry, je me retourne et je le vois traverser la cuisine en courant. Je suis maintenant complètement paniquée. Un immense escalier se dresse devant moi, je ne réfléchis pas, mon cerveau n'en ai plus capable, je cours, je trébuche, je monte les marches le plus vite possible. Je l'entends derrière moi, il cri mon nom, il va me rattraper ce n'est plus qu'une question de secondes. Je suis maintenant en haut, une pièce est ouverte devant moi, je m'y propulse, ferme la porte et la verrouille juste au moment où il donne un coup dedans.


- Hailey ouvre cette porte !


Il est en colère. Je me laisse glisser le long de la porte, j'ai du mal à respirer. J'ai vu la lumière du jour, j'étais presque dehors, j'avais presque réussi.


- Ouvre !


Je l'ignore, je ferme les yeux. Je ne veux plus l'entendre, je veux me réveiller de ce cauchemar.


- Ouvre moi s'il te plait Hailey.


Sa voix ne crie plus.


- Tu es dans ma chambre..


Quoi ? Je rouvre les yeux, dans la panique je n'avais pas fait attention. Je regarde autour de moi. Je ne sais pas vraiment à quoi je m'attendais mais pas à ça en tout cas. Je me lève pour mieux voir. Les murs sont bleus, un grand un lit trône contre un mur, un bureau, une armoire, un miroir. Trois guitares sont posées sur leurs cales à coté d'un immense piano blanc. Il n'y a aucune décoration hormis un cadre. C'est une photographie de Londres en noire et blanc en grand format. Rien de plus, pas de centaines de photos de moi. C'est une chambre normale. On ne dirait pas la chambre d'un psychopathe. Je m'approche du piano, je frôle les touches, il est magnifique et doit coûter surement très cher. Du peu que j'ai vu de la maison, il semble riche, très riche.


- Ouvre cette porte !


Je sursaute, il est de nouveau énervé.


- Dis moi ce que je fais ici.


Je veux des réponses. Je veux comprendre.


- Ouvre moi et je te le dirais.


Il a tenté de répondre calmement mais je sais qu'il est en colère, je l'entends à sa voix. Ça m'est égal. Moi aussi je le suis. En colère. En colère car la lumière du soleil m'a éblouie. En colère car sa chambre est normale. En colère car je suis ici. En colère car je veux rentrer chez moi. En colère car je le déteste. En colère parce cette nuit je ne le détestais pas. En colère parce que je me suis senti plus protéger qu'en danger. En colère parce qu'il embrouille mon esprit. En colère parce qu'il me veux et que je ne sais pas pourquoi. En colère parce que je le hais.


- Qu'est-ce-que tu me veux ?!


Je viens de hurler.


- Ouvre cette putain de porte bordel !


Il ne cherche même plus à se contrôler.


- Vas te faire foutre !


Je suis hors de moi et le fait qu'il ne me réponde pas me pousse encore plus à bout. De rage je balance tout ce qui se trouve sur le bureau. Je pensais que ça me calmerait mais au contraire ce n'est pas suffisant. Je continu, j'arrache les couvertures du lit, je déchire les oreillers, je crie en même temps, je grogne, je ne sais pas ce que je dis mais ça sort tout seul de ma bouche, peut importe. Je l'entends crier lui aussi. Il donne des coups dans la porte, il veut surement la défoncer. Ça m'est égal, je ne m'arrête pas. Je prends une guitare et la fracasse sur le sol.


- Hailey arrête !


Les coups sur la porte redoublent et moi je continue. J'explose la deuxième guitare, puis la troisième. Je veux détruire tout ce qui lui appartient comme lui me détruit.


- Ouvre !


Je m'en prends à son armoire, je la vide, les étagères, les tiroirs, je déchire ses vêtements. Je pleure tellement que ma vue est brouillée. Il cogne toujours contre la porte, elle va bientôt céder je le sais. Je me trouve face au miroir et me regarde dedans. Je ressemble à une folle. J'ai les cheveux en bataille et le visage ravagé par les larmes. Je pousse un cri de frustration et frappe de toutes mes forces la glace de mes poings. Elle se brise et des morceaux de verres se plantent dans ma peau, de mes coudes à mes poignets. Les coups s'arrêtent.


- Hailey ?!... Hailey ???!


Sa voix est un mélange de panique et de colère. La poignée se baisse frénétiquement et il frappe encore plus fort maintenant.


- Pourquoi.. Pourquoi tu fais ça ?


J'ai à peine murmuré mais il a entendu car les coups s'arrêtent. Je regarde le sang qui coule sur mes bras, je n'ai pas mal.


- Je.. Ouvre sil te plait.


Il ne crie plus. J'ai la tête qui tourne et je suis à bout de forces. Je me laisse glisser le long du mur à coté du piano face à la porte.


- Réponds moi..
- Ouvre moi.


Je reste silencieuse un long moment. Lui aussi.


- Hailey ?


Il n'est plus du tout en colère, juste inquiet. Je crois qu'il a compris que j'avais besoin de craquer. Je ne lui réponds pas.


- Hailey réponds moi ou je défonce la porte.
- Laisse moi tranquille.


J'ai à peine murmuré mais je sais qu'il m'a entendu même si il ne me répond pas tout de suite. Il se laisse glisser et s'assoie au sol lui aussi, je le vois à son ombre sous la porte. Je l'entends souffler longuement.


- Je ne peux pas, je suis désolé.


On ne dit plus rien, on reste silencieux. Je suis fatiguée et je me sens faible. Je regarde autour de moi le désastre que j'ai causé. Sa chambre est sans dessus/dessous. J'ignore pourquoi mais je n'ai pas touché au piano. Des morceaux de verres jonche le sol un peu partout. J'en attrape un et le fait tourner dans ma main, le soleil se reflète dedans à travers les rideaux presque fermés. Sa lumière me fascine tellement elle m'a manqué. Le morceau est pointu, j'appuie dessus avec mon pouce, une goutte de sang coule le long de mon doigt.


- Pourquoi moi ?


Ma voix a été vraiment faible. Il lui a fallut presque une minute pour me répondre.


- Je te l'ai dit. Tu es différente.


Sa réponse ne me convient pas. Je ne la comprends pas. Mes yeux se remplissent à nouveau de larmes mais une seule s'échappe de mes paupières et je la laisse couler sur ma joue, je m'en fiche.


- Je ne suis pas différente..


J'ai murmuré ces mots plus pour moi que pour lui. Je ne suis pas différente il se trompe. Un léger coup est donné contre la porte comme si il avait tapé avec sa tête. Il souffle longuement encore une fois.


- Si tu l'es.


Je ne pensais pas qu'il m'avait entendu et sa réponse ne me convient toujours pas.


- Ouvre moi.. S'il te plait Hailey...


Même si il n'est plus en colère et que moi non plus je ne le suis plus, je ne veux pas le laisser rentrer. Je ne veux pas le voir. Je réalise qu'il me suffit d'entendre sa voix pour savoir ce qu'il ressent. Il me connait par coeur et je ne sais rien de lui, pourtant rien qu'à sa voix je reconnais ses émotions. Cela me perturbe. Le morceau de verre tourne toujours dans ma main et le soleil qui s'y reflète fait voleter les grains de poussières. J'appuie le coté le plus pointu sur mon poignet. Est-ce-que je suis capable de le faire ? Je l'ai déjà fait avant. La douleur physique calmera celle qu'il y a dans ma tête. Sans m'en rendre vraiment compte le verre traverse ma peau et le sang coule le long de mon poignet avant de finir sur le sol. Je regarde les gouttes de sang tomber sur la moquette grise et y faire une tâche assez importante. Je me sens engourdie, j'y suis allée un peu fort ou alors j'ai déjà perdu trop de sang en cassant le miroir, je ne sais pas mais j'ai la tête qui tourne et je commence a voir flou. Elle est peut être là solution. Toute cette situation m'échappe, je ne suis plus libre et là j'ai le sentiment de pouvoir contrôler ma mort. J'aime ce sentiment de pouvoir encore contrôler quelque chose. Je me sens partir.


Je m'apprête à m'entailler le deuxième poignet quand il surgit tout d'un coup de derrière la porte comme si il s'était douté de quelque chose. Je ne l'ai même pas entendu frapper dedans. Ma tête tourne. Il saute d'un bond souple par dessus le lit qui lui barre le passage et en moins d'une seconde il m'arrache le morceau de verre de la main. Un mélange de panique et de colère se lit sur son visage. Je tente de le repousser mais il ignore mes protestations. Ses bras entourent mon corps et me soulève facilement comme si j'étais aussi légère qu'une feuille de papier. J'essaye de me débattre, de le repousser mais je n'ai plus aucune force. Il m'emmène dans une pièce, c'est une salle de bain. Il me pose dans la douche et allume l'eau, on est tout les deux complètement trempés, il à l'air de s'en foutre. Ma tête me tourne, j'ai du perdre beaucoup plus de sang que je pensais. Il attrape mon poignet et le place directement sous le jet, c'est douloureux. Je tente de résister et de le repousser, il me lance un regard noir suivi d'un "Arrête." aussi noir que ses yeux. Il appuie maintenant une serviette sur la coupure, ça me fait mal. Je me sens faiblir, il me regarde, l'eau coule toujours sur nous et je me laisse lentement glisser le long du mur de la douche. Je sens ses bras puissants me rattraper délicatement avant de m'évanouir.






J'ouvre péniblement les yeux, je cligne plusieurs fois des paupières. Je suis de retour dans ma cellule. Mes bras sont bandés des coudes aux poignets. Je me sens encore faible. Un mouvement sur le coté me fait tourner la tête. Il est là, assis sur une chaise et il me fixe. Ses prunelles sont sombres. Son regard me met mal à l'aise. Je me sens fautive, je n'ose rien dire. Il se lève brusquement et j'ai un mouvement de recul. Il fait les cents pas dans la pièce. Je le regarde sans bouger. Il souffle et s'immobilise. Il se passe une main nerveuse sur le visage.


- Ne refais plus jamais une chose pareille Hailey, plus jamais.


Sa voix est glacée. Son regard ancré dans le mien me paralyse. Il me fait peur tellement il est dur. Je suis incapable ni de parler ni de bouger. Il me fixe quelques secondes avant de quitter la pièce en claquant la porte derrière lui. Cette fois-ci il n'oublie pas de la verrouiller.


Je suis de nouveau seule. Je rumine. Je repense au fait que j'ai presque réussi à m'échapper, que j'ai été à deux doigts de retrouver la liberté. Je ne suis pas contente et je lui en veux. J'ai l'impression de réagir comme une enfant. Je crois que je ne contrôle plus vraiment ce que je ressens. Être enfermée comme je le suis depuis plus de quinze jours rendrait fou n'importe qui. Et moi je boude. Dix-sept jours maintenant, ou Dix-huit ? J'essaye de réfléchir. J'essaye de rassembler mes esprits. Je suis maintenant assise contre le mur et je me demande si je ne devrais pas faire des entailles dans le mur pour me repérer, comme ils le font dans les films. Sauf que je n'ai rien de tranchant pour en faire. Je souffle. Je n'avais même pas fait attention mais je porte toujours sa chemise. Je la retire brusquement, Je ne veux plus la porter. Je la jette au sol et me lève pour la piétiner. Une fois satisfaite je retourne m'asseoir.






Il est de retour. Il m'apporte à manger. Il jette un œil à sa chemise qui est toujours en boule par terre mais ne dit rien. Il pose le plateau et s'assoie en tailleur devant moi. Je regarde le sandwich et la bouteille d'eau mais je n'y touche pas.


- Tiens.


Il me tend un livre.






- Je sais que c'est ton livre préféré et je me suis dit que ça te ferait plaisir.


Roméo et Juliette. Évidemment que tu le sais vu que tu sais tout de moi. J'ai envie de le lui dire mais je me retiens. Je ne veux pas lui parler. Il souffle et le pose à coté de moi. Un silence s'installe. J'ai les yeux fixer sur mes mains mais je le sens qui me regarde. Au bout d'un petit moment il reprend la parole.


- Je.. Je suis désolé de t'avoir fait peur tout à l'heure.


Il s'arrête. Je ne sais pas si il attend une réaction de ma part mais je n'espère pas pour lui car il n'en aura pas. Je crois qu'il l'a comprit car il reprend :


- Quand j'ai vu ton poignet j'ai..


Il cherche ses mots, j'ai envie de le regarder mais je ne le fais pas.


- S'il te plait Hailey ne le refais plus, ne te mets plus jamais en danger..


Maintenant je lutte pour ne pas lever la tête vers lui.


- Je ne supporterais pas qu'il t'arrive quelque chose..


Il a fini sa phrase dans un murmure, je ne résiste plus, je lève les yeux et quand je croise ses prunelles mon cœur rate un battement. Il semble sincèrement affecté. Je suis déstabilisée, je ne sais pas quoi dire alors je ne dis rien. On reste un moment à se regarder ainsi puis il avance le plateau vers moi.


- Mange s'il te plait.


J'hésite. Une part de moi a envie de le pousser à bout juste pour voir à quel point il veut que je me nourrisse. Une autre part de moi à peur et une autre à faim. Je cède à la dernière mais avec un compromis : Je ne lui parlerais pas. Je mange et il m'observe. Je réalise que manger me fait du bien, je me sentais encore un peu faible à cause du sang que j'ai perdu. Une fois terminé il me demande si j'ai besoin d'aller à la salle de bain. Je hoche la tête. C'est la première fois que je le suis sans baisser les yeux. En réalité j'en profite même pour le détailler sans qu'il me voit. Son dos est large et musclé, ses jambes sont fines et élancées. Je suis certaine qu'il aurait pu être mannequin, enfin si il n'avait pas choisi d'être un psychopathe obsédé par une fille banale comme moi. Dans un sens je me sens inférieure à lui.


Il m'ouvre la porte, je rentre et il l'a referme en restant dehors comme d'habitude. Et comme d'habitude une nouvelle robe blanche m'attend posée dans un coin. Les bandages que j'ai sur les bras me font mal et m'empêche de me laver correctement. Je ne les défais pas. Une fois que j'ai terminé je frappe à la porte et il m'ouvre. Quand il voit mes bandages qui ont prit l'eau il fronce les sourcils. De retour dans ma chambre, enfin dans ma cellule, je me réinstalle sur mon lit.


- Je vais soigner tes blessures.


J'ai un mouvement de recul et serre mes bras contre moi pour lui faire comprendre que je ne veux pas qu'il me touche. Il souffle et baisse la tête.


- Je t'ai dit que j'étais désolé Hailey.


Je ne lui réponds pas.


- Tu ne veux plus m'adresser la parole ?


Je me borne à pas répondre, je sais que c'est puéril mais je ne veux pas lui parler. Je ne peux pas. J'ai beaucoup trop de choses à accumuler en peu de temps et même si je n'ai plus vraiment peur de lui, je lui en veux et le déteste toujours autant. Je refuse même de le regarder, j'ai les yeux fixés sur le livre de Roméo&Juliette.


- Je comprends.


Sa voix est brisée, je ne peux m'empêcher de le regarder et dans son regard je vois qu'il est réellement blessé. Il quitte la pièce en silence. Je me sens mal de l'avoir blessé puis je me sens mal de me sentir mal de l'avoir blessé. Mon esprit s'embrouille de nouveau. Je reporte mon attention sur livre et m'en saisit. Roméo et Juliette. Un amour impossible, je trouve ça plutôt ironique, j'ignore pourquoi. Mais c'est vrai, il ne mentait pas. Il me connait vraiment. C'est réellement mon livre favori. Je lis le premier chapitre et fini par m'endormir.






La porte qui s'ouvre me réveille, je me redresse. Il me regarde.


- Tu ne comptes toujours pas me parler ?


De toute évidence non puisque je ne lui réponds pas. Sauf que ce n'est pas parce que je ne le veux plus mais c'est parce qu'il a une lueur dans les yeux que je ne lui ai encore jamais vu et ça m'intrigue. Il n'y a rien d'effrayant dans son regard. Il reste debout en face de moi un long moment à me regarder. J'ai l'impression qu'il est perdu, comme si il se battait contre lui même. Puis il finit par tendre une main vers moi.


- Viens avec moi.


Sa voix est roque. Je regarde sa main et j'hésite à la prendre.


- S'il te plait viens.


Je craque et pose ma main dans la sienne. Elle est chaude et sa peau est douce. Il resserre ses doigts sur les miens et me redresse doucement. Je suis face à lui maintenant et il me fixe d'un regard profond. Je suis incapable de décrocher mes yeux des siens.


- Promets moi de ne rien faire de stupide Hailey.


Je suis perdue, je ne sais pas pourquoi il me demande ça mais j'ai l'impression qu'il me supplie. Je suis fascinée par ses yeux. Ils ne sont pas verts mais gris. Je hoche la tête. Sans rien dire de plus il sort de la pièce m'entraînant avec lui. Il me tient toujours par la main. Je ne comprends pas mais je le suis sans rien dire. Sur les marches des escaliers qui emmène à la cuisine je vois deux manteaux et une paire de chaussures. Des Doc Martins noires. Mes Doc Martins noires. Il... Il va me laisser partir ?


- Je ne te laisse pas partir Hailey, mais tu as besoin de sortir.


J'ai du prendre l'habitude qu'il lise dans mes pensées car je ne suis même pas surprise. Je suis déçue, mais je vois dans ses yeux que cette sortie ne le rassure pas, pourtant il le fait. Il le fait pour moi. Je mets chaussures et enfile le manteau en même temps que lui. Il reste quelque chose sur les marches et quand je réalise que c'est des foulards je me pétrifie. Il s'en rend compte et se saisit des bouts de tissus.


- Je ne peux pas te laisser sortir comme ça..


Si c'est censé me rassurer c'est raté.


- Je ne te ferais pas de mal.. Je te le promets.


Il se passe un million de chose dans ma tête mais je sais qu'il est sincère. Il ne me fera pas de mal et j'ai vraiment besoin de sortir d'ici. Dans son regard il essaye de me rassurer. Je hoche la tête et me murmure : Merci. Il s'approche de moi et j'essaye de ne pas trembler quand il enroule mes poignets ensembles.


- Tu as mal ?


Je sais qu'il parle de ma coupure. Je tourne lentement la tête de droite à gauche, mais je mens. Oui j'ai mal.


- Je vais te bander les yeux, n'ai pas peur.


Tout en attachant le bout de tissus il me dit qu'il ne me bâillonnera pas la bouche si je lui promets de ne pas crier. Je lui promets. En réalité je lui suis reconnaissante de faire ça pour moi, me laisser sortir même si c'est seulement pour quelques heures. Je ne lui dis pas. Je n'y vois plus rien et je me sens faible. Je le sens qui passe un bras autour de ma taille et l'autre sous mes jambes. Je frissonne à son contact. Il me soulève et me cale contre son torse. Je colle ma tête contre son épaule. J'aime son odeur. Il monte les escaliers. Le fait de ne rien voir me fait peur, j'ai l'impression d'être revenue au début quand il m'enfermait dans le noir. Je ne peux pas empêcher mon corps de trembler et il doit le sentir car je le sens resserrer son étreinte et me blottir un peu plus contre lui. J'ignore où on est mais j'entends une porte s'ouvrir et de l'air frais rempli mes poumons. Je ne peux m'empêcher de sourire tellement c'est agréable. Est-ce-qu'il sourit lui aussi ?


- Il fait nuit ?
- Oui.


Sa voix est douce et j'ai l'impression qu'il sourit. Je hais ce bandeau qui m'empêche de voir son sourire. Il reste immobile pour me laisser profiter de mes premières minutes à l'air frais. Je ne peux pas m'empêcher de le remercier. Je lui murmure un léger et tout bête merci. Je sens son cœur qui bat dans sa poitrine. Il bat vite.


- Tu souris ?


J'ignore pourquoi j'ai posé cette question. Mais à défaut de le voir j'ai envie qu'il me le dise.


- Oui.
- Pourquoi ?
- Car tu as souris.


Mon cœur bat aussi vite que le sien. Il marche de nouveau et me dit qu'on va à sa voiture. Une fois qu'on y est il m'allonge délicatement sur la banquette arrière et me précise qu'il va me recouvrir entièrement d'une couverture. Il me détaille tous ses gestes. Je sais qu'il fait tout ça dans le but de me rassurer. Pour m'éviter d'avoir peur, et je me mets à penser que c'est la première fois de ma vie que quelqu'un prend autant soin de moi. On roule maintenant depuis un petit moment. Le poste diffuse la chanson Here Without You de 3 Doors Down. J'ai l'impression que ça fait une éternité que je n'ai plus écouté de musique, ça me manquait. Il me demande souvent si je vais bien et si je n'ai pas trop chaud ou trop froid, ou si je ne suis pas malade. Je lui réponds que ça va. On ne roule pas encore longtemps. Puis on s'arrête. On est arrivé.


Il me fait descendre et alors que je m'attends à ce qu'il me porte à nouveau, au contraire il me pose sur mes pieds et me détache le bandeau qui cachent mes yeux. Je cligne plusieurs fois des paupières et le regarde quelques secondes avant des faire attention à ce qui se trouve autour de nous. Je me décale de lui et ce que je vois me coupe le souffle. On est dans la vallée, dans les hauteurs et devant nous s'étend toute le ville de Londres aux lumières éclairées. C'est magnifique. Je sais que ça peut paraître ridicule et cliché mais quand on est enfermé aussi longtemps sans sortir un spectacle aussi simple que celui là semble être la chose la plus belle du monde. Le bandage plus le foulard sur ma coupure me brûle, je fais une grimace et tord un peu mes poignets. Quand il le voit, à croire que rien ne lui échappe, il s'approche de moi et défait doucement le fouloir. Je suis libre.


- Merci..
- Je t'en prie..


Il est face à moi, je lève la tête et les yeux vers le ciel. Les étoiles... Je réalise à quel point elles m'avaient manqué. Les étoiles font parties de ces choses qu'on prend pour acquises, qui nous appartiennent dans un sens. Elles sont là, on ne les regarde pas souvent mais elles sont là. Jusqu'au jour où elles disparaissent. Ce soir je les regarde comme si je les voyais pour la première fois. Lui il ne les regarde pas, il me regarde moi. Je le sais. Je sens son regard sur moi. Je pense à mes parents qui me manquent et qui doivent s'inquiéter pour moi, une larme roule sur ma joue. Il l'essuie de son pouce, je le laisse faire et reporte mon attention sur lui. Je ne m'étais pas trompé, il me fixe. Intensément. Une légère brume commence à tomber.


- Je voudrais te montrer quelque chose.


Je le suis. On traverse une petite foret, j'avais oublié à quel point j'étais maladroite et quand je trébuche avant que je ne m'écrase au sol ses deux bras me rattrapent. Je le remercie d'un signe de tête et on continu à avancer en silence. Sauf que maintenant sa main tient la mienne. On débouche sur une clairière entourée d'un lac. La brume se transforme en pluie légère. Je regarde ce qui nous entoure, les restes d'une maison brûlée me font face et mon cœur se serre. Je pense avoir compris et quand je le regarde je vois ses yeux remplis de tristesse. On est à coté l'un de l'autre, il lâche ma main pour s'avancer un peu.


- C'était notre deuxième maison.


Sa voix est dure et douloureuse à la fois. Je ne dis rien. Je sais qu'il va m'en dire plus mais qu'il a besoin de temps alors j'attends.


- Ma mère aimait venir ici, loin de la ville. Un soir un feu s'est déclenché, mes parents dormaient dans leur chambre. Ils sont restés pris au piège dans les flammes.


Les larmes brûlent mes yeux, c'est horrible. Je ne sais pas quoi dire. Même si je le déteste, il n'a pas le droit de souffrir comme ça. J'aimerais lui dire que je suis désolée pour lui mais ce ne sont pas ces mots là qui sortent de ma bouche.


- Pourquoi tu me racontes ça ?


Il reste un petit moment dos à moi, et je me sens cruelle. La pluie fine continue de tomber et quand il se retourne pour me faire face ses yeux ont perdus leur tristesse et brillent d'autre chose. Une chose que je n'arrive pas à identifier et qui me tord le ventre sans que je ne sache pourquoi.


- Ça s'est passé il y a un an.


Je sens mon cœur exploser dans ma poitrine. Ça y est j'ai compris. Liam.. Je me sens pâlir et il doit le voir lui aussi car son regard exprime de la compassion.


- On a enterré mes parents le 01 janvier.


Mes jambes me lâchent et je m'effondre au sol. C'est trop dur.


- Ce jour là au cimetière j'étais anéanti. La douleur était si forte que j'ai failli perdre le contrôle de moi même.


Je me souviens maintenant.


- Un deuxième enterrement avait lieu en même temps un peu plus loin, celui... Celui de ton frère et je t'ai vu. Tu portais un manteau noir et en dessous une robe blanche. Je me rappelle encore m'être dit que tu étais stupide.


Je tremble de tout mon corps. Toutes ces robes blanches qu'il me force à porter..


- C'est... c'était toi...


Ma voix tremble, je suis incapable de parler tellement mon cœur se broie dans ma poitrine. Je me souviens maintenant, ce garçon que j'avais vu au cimetière, celui qui venait de perdre un proche aussi. Le garçon qui me regardait et à qui j'ai souris et qui m'a rendu mon sourire... J'ignore pourquoi je lui avais souris ce jour là, peut être parce qu'il souffrait lui aussi.


- Oui c'était moi et quand tu m'as regardé et que tu m'as souris ce jour là au milieu de tous ces gens qui pleuraient j'ai su que tu étais tout sauf stupide. J'ai compris que tu étais différente.


J'ai la tête qui tourne, j'ai l'impression que je vais m'évanouir. Je l'ai vu pour la première fois à l'enterrement de mon frère. Le jour ou j'ai dit adieu à mon grand-frère, lui disait adieu à ses parents.


- Je suis désolé pour ton frère Hailey.. Son accident de voiture.. Enfin, je suis vraiment désolé.


Les larmes roulent sur mes joues, le souvenir de la mort de Liam est trop douloureux. Il vient s'asseoir à coté de moi. On reste un long moment silencieux. Puis sans que je lui demande quoi que ce soit il reprend.


- Ce jour là après que tu aies quitté le cimetière, je suis allé sur la tombe de ton frère et c'est là que je su ton nom. J'ai cherché ton adresse mais je savais que ce n'était pas une bonne idée alors j'ai voulu te chasser de ma tête et j'ai réussi. Pendant deux mois environ. Un soir j'étais allongé sur la tombe de mes parents, j'y passais beaucoup de temps, je t'ai vu, tu étais agenouillée devant celle de ton frère et tu pleurais. Je t'ai observé. Puis tu es revenue tous les soirs pendant deux mois je crois. Je revenais moi aussi. Plus pour voir mes parents mais pour te voir toi. Je me cachais derrière les arbres et je te regardais pleurer.


Il s'arrête et moi je suis sur le point de vomir. Il a violé mon intimité. Ces moments appartenaient à mon frère et moi et lui nous observé dans l'ombre. J'ai envie de hurler, de lui sauter dessus et de le frapper mais je ne fais rien.


- Je ne supportais plus de te voir pleurer, je voulais revoir ton sourire comme le jour de l'enterrement mais je ne savais pas comment t'aborder. Puis un soir tu n'es pas venue, et le soir d'après non plus. Je me suis dit que tu étais peut être malade ou que tu avais des empêchements. Je t'ai attendu pendant presque trois semaines. Tous les soirs je venais et tous les soirs tu n'étais pas là. J'ai cru devenir fou. Et j'ai fini par craquer, j'ai ressorti ton adresse que j'avais conservé et je suis venu chez toi. Je t'ai suivi un matin alors que tu allais au lycée. Tu allais mieux, tu souriais de nouveau. Tous les jours je te suivais peu importe où tu allais j'y allais aussi et je te prenais en photo. Te voir sourire au début m'aider à aller mieux puis ensuite s'était devenu un drogue. J'avais besoin de ton sourire.


Je tremble de tout mon corps, je suis paralysée. Il est vraiment malade..


- Pourquoi m'avoir enlevée ?


Je n'avais jamais entendu ma voix trembler autant. Il a gardé tout le long son regard fixé sur les restes de son ancienne maison, maintenant il me regarde intensément comme si il cherchait à me parler avec ses yeux. Je le regarde aussi.


- Un soir j'étais dans l'arbre qui donne sur ta fenêtre..


Je trésaille, je ne peux pas m'en empêcher c'est plus fort que moi. L'imaginer entrain de me regarder ou même dans ma propre chambre pendant que je dors m'effraie. Il s'en rend compte.


- Je suis désolé Hailey, je sais que je n'aurais jamais du faire ça mais j'en avais besoin.


Je crois que ce qui me fait encore plus peur que ce qui me raconte, c'est qu'il y a une part de moi qui comprend.


- Continue.
- Un soir tu étais dans ta chambre et je t'ai vu tenir cette lame de rasoir dans ta main..


Il s'arrête et je vois les muscles de sa mâchoire et de son cou se crisper, comme si se rappeler ce moment est trop douloureux pour lui.


- Quand je t'ai vu faire, j'ai compris que tu n'allais pas mieux, que tes sourires étaient tous faux et je me suis promis ce jour là que je te sauverais. Tu mérites mieux que de vivre dans un monde où les gens meurent brûlés vifs dans leur propre maison ou dans un monde ou un chauffard alcoolique tue un jeune de 23 ans qui rentrait tranquillement chez lui.


Mon cœur se serre à nouveau. Ses parents et... Liam. Je ne sais pas comment je dois réagir. J'ai envie de hurler mais je suis sous le choc de tout ce qu'il vient de me raconter. La pluie tombe un peu plus fort maintenant et on est totalement mouillé. Je reste silencieuse, je tente de remettre de l'ordre dans mon esprit. J'ai l'impression qu'une bombe vient d'exploser dans ma tête.


- Est-ce-que.. Est-que-tu me détestes ?


Sa question me prend au dépourvu, je le regarde les yeux écarquillés. Il pleut averse maintenant et je me sens en colère. Je me redresse d'un geste brusque , il fait la même chose. Il se tient devant moi. Et moi je me mets à pleurer et hurler.


- Si je te déteste ?! Tu me suis depuis plus d'un an, tu connais tout de moi! Tu sais ce qui est arrivé à mon frère ! Tu m'as espionné, kidnappé, voler ma vie, tu m'as frappé, tu es rentré dans ma chambre, MA propre chambre, tu m'as regardé dormir ! Chez moi dans ma maison, ma foutue maison !


Je hurle à m'en casser la voix, il fait nuit et la pluie est de plus en plus forte. Il reste là face à moi immobile, ses cheveux collent à son visage et ses yeux ne quittent pas une seule seconde les miens. Je hurle encore plus fort.


- Tu as fait de ma vie un enfer, tu m'as enfermé dans le noir et pourtant quand ton frère à tenter de me violer, malgré la pluie je vois un éclair de haine traverser son regard, tu m'as sauvé et dans tes bras je me suis sentie en sécurité ! Tu me dis tout le temps que je suis différente mais je ne suis pas différente c'est toi qui me fait me sentir différente ! J'ai l'impression d'être quelqu'un d'important. Si je te déteste ?! Oui je te déteste, je te hais mais pourtant quand je suis avec toi j'ai l'impression que quelqu'un tient à moi, j'ai l'impression pour la première fois de ma vie de vraiment compter pour quelqu'un !


Je lui crache tout ces mots au visage mais je m'arrête net comme si j'avais perdu ma voix. Je prends conscience de mes paroles, je ne les avais pas réalisé avant et elles sont autant un choc pour moi que pour lui. Je le vois dans ses yeux.


- Tu es tout pour moi Hailey.


Il ne l'a pas hurlé, il l'a crié pour couvrir le bruit de la pluie et du tonnerre mais je refuse d'entendre ce genre de chose. Je refuse qu'il me dise ce genre de chose.


- Ferme la !


Je le vois qui s'apprête à parler de nouveau. Je ne veux pas qu'il parle. Je ne veux plus rien entendre.


- La ferme Harry !


Je viens de hurler encore plus fort. Je perds le contrôle, je le pousse de toutes mes forces, pris par surprise il tombe à la renverse et moi je me mets à courir. Je cours le plus vite possible. La pluie m'empêche de voir et a transformé le sol en boue pourtant je ne m'arrête pas. Je tombe, je me relève. Il me court après, il hurle mon nom. Je suis au milieu des arbres la pluie est moins forte grâce aux branches mais je panique je cours toujours quand deux bras me plaquent au sol dos contre terre.


- Arrête Hailey !


Il crie pour couvrir la pluie, il est en colère, je me débats de toutes mes forces.


- Ne fais pas ça !
- Lâche moi !


Je le repousse, tente de lui mettre des coups de pieds mais ses jambes bloquent les miennes. J'essaye de le frapper, de le mordre, de le pousser. Je suis complètement hystérique.


- Arrête !


Il hurle, il attrape mes poignets et les immobilisent de chaque coté de ma tête, ses mains sont plaquées dessus. Ses bras encerclent mon visage.


- Ne fais pas ça tu m'entends !


Son corps bloque complètement le mien et même si je tente encore de me débattre ça ne sert plus à rien. Il est dans une colère noire. Ses yeux qui fixent les miens sont mauvais.


- Je t'interdis de faire ça !


La pluie tombe sur son dos, il est trempé, comme moi. Ses cheveux collent à son visage et tombent sur ses yeux.


- Tu n'as pas le droit de m'abandonner !


Je ne bouge plus, j'en suis incapable. Son regard n'est plus mauvais mais complètement paniqué et effrayé.


- Je t'interdis de m'abandonner Hailey !


C'est un cri de souffrance. Il y a tellement de détresse dans sa voix que ça me paralyse.


- Ne m'abandonne pas..


Il ne cri plus maintenant, il me fixe, la douleur que vois dans son regard m'arrache le cœur et sans que je ne m'y attende il s'effondre sur moi et me serre dans ses bras.


- Ne refais plus jamais ça.


Il me serre dans ses bras comme si sa vie en dépendait. Il me serre tellement fort qu'il me fait mal.


- Ne m'abandonne pas Hailey je t'en prie...


Sa voix est brisée et je sens ses tremblements contre mon corps, il est entrain de pleurer. Je ne sais pas comment réagir et une douleur me perce le cœur. De la détresse, c'est exactement ça. De la détresse et de la souffrance à l'état pur. Je réalise que je ne supporte pas de le sentir pleurer. Ça me fait mal. Au bout d'un long moment il se calme et se redresse m'entraînant avec lui et je suis de nouveau soulevée du sol, plaquée contre son torse. Ses yeux verts ne sont plus verts, ils sont gris et remplis de larmes qui ne coulent plus. Il ne dit rien et me reconduit à la voiture, je me laisse faire. Mon corps est glacé, je suis gelée à cause de la pluie. Je suis sous le choc, incapable de réagir. Ce qui vient de se passer défile dans ma tête en encore et encore.


Une fois qu'il m'a déposée sur la banquette arrière il ressort. Les portières sont verrouillées mais je le vois à travers la vitre frapper contre un arbre plusieurs fois de suite en hurlant avant de tomber à genoux au sol. Je prends enfin conscience de toute l'ampleur de sa folie.











« Je te l'avais dit qu'on en avait pas fini toi et moi. »

Publié le 13/7/2014
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Une lectrice, posté le 2014-07-15 19:15:48

J'adore cette fiction et je suis vraiment pressée d'avoir la suite !! :) <3
Une lectrice, posté le 2014-07-15 14:09:52

Cette fiction est trop parfaite pour être vraie. S'il te plait assure-moi que tu vas la continuer ! Je suis accro à toi et à ce que tu écris, ça me fait souffrir tellement c'est beau. C'est magnifique ! T'a un talent comme pas possible, je suis jalouse et je t'en veux. Mais je t'aime quand même car tes fictions font partie de ma vie.
Une lectrice, posté le 2014-07-15 14:09:50

Ommmmd. Encore un chapitre parfait! J'adore comment tu écris c'est vraiment... waw. J'ai pas de mots. Je te tire chapeau*-*<3<3
Une lectrice, posté le 2014-07-15 14:09:46

J'adore ta fiction ,j'en suis totalement accro ! ;)
Une lectrice, posté le 2014-07-14 14:35:01

Omg tu as un talent fou ! je deviens accro a ta fiction !**