Insouciance


Un soir sur l'un de mes rpg on a lancé une soirée OS. On avait quelques heures pour en écrire un.
Il n'est pas très long mais je me suis bien amusée à l'écrire.
J'espère qu'il vous plaira ♥





Evanescence - My Immortal




Je regarde une dernière fois les 300 Livres Sterling que tient Liam dans sa main avant de relever les yeux vers la Maison. Je peux le faire. J'ai besoin de cet argent, maman a besoin de cet argent, mes petites sœurs aussi. Allez quoi c'est qu'une vieille maison, légèrement flippante c'est vrai, mais ça reste qu'une maison. Enfin qu'une maison qui a une histoire assez sombre. On raconte qu'elle est hantée. Je sais que les histoires sur les maisons hantées sont juste faites pour effrayer les enfants mais c'est plus facile d'en rire quand on ne se tient pas devant la grille de l'une d'elle en plein milieu de la nuit. Ce n'est pas une simple maison en réalité, c'est un manoir.


Le Manoir de la famille Styles. Il existe depuis des siècles et des siècles mais il est inhabité depuis plus de cent ans. Depuis que l'horreur a eu lieu. C'était une famille de la haute dynastie qui y habitait. Harold Edward Styles Baron de je ne sais plus quoi, Annabella son épouse et leurs trois enfants. Isabelle la fille ainée de 19 ans, Harold Edward deuxième du nom âgé de 17 ans et Louisa, un bébé d'à peine un an. C'était la nuit du 9 septembre 1901. Le soir de l'horreur, c'était la nuit du 9 septembre 1901, tout le monde connait la date, elle est devenue comme une sorte de date historique ici. La nuit où le Baron a assassiné toute sa famille en les empoisonnant avant de se suicider en se tirant une balle dans la tête. Depuis on raconte que les âmes de sa femme et ses enfants sont toujours piégées à l'intérieur du Manoir, à la recherche du repos éternel dont ils ont été privé.


Je frissonne d'effroi, j'ai la chair de poule. Zayn me tape sur l'épaule et je sursaute légèrement en revenant à moi.


- Bon c'est pour aujourd'hui ou pour demain Tomlinson ? On va pas y passer la nuit.


Je chasse tout ça de ma tête, ce n'est pas le moment de penser à ce genre de trucs.


- Ça va, j'y vais.


J'y vais réellement, je regarde une dernière fois les gars et je pousse la grande grille en fer forgé rouillé. Je traverse le jardin, enfin c'est plus facile à dire qu'à faire car ça ne ressemble plus vraiment à un jardin, plus du tout même. Il n'a pas été entretenu depuis des décennies. Ce n'est plus qu'un labyrinthe d'herbes hautes, d'arbres et de ronces, qui devait être magnifique avant. Il fait tellement noir au milieu de tout ce bordel de branches que je vois à peine le manoir. J'accroche ma veste et mon jean à plusieurs endroits. Je comprends pourquoi comparé à toutes les maisons abandonnées normales personne ne vient s'amuser ici, parce que c'est presque impossible d'accès. Mais j'arrive à passer, difficilement mais j'y arrive quand même, je finis par débouler juste devant le Manoir, à dix mètres du porche. La lune éclaire suffisamment le sentier. Une statut en pierre est renversée sur le sol, sa tête est à trois mètres du corps, surement un dieu grec, c'était la mode à l'époque d'avoir ce genre de truc dans les jardins. Il y a une ancienne fontaine aussi rongée par les mauvaises herbes.


J'avance prudemment, en fait plus je me rapproche plus je commence à avoir la frousse. Vu d'aussi prêt le Manoir est encore plus gigantesque et surtout encore plus délabré. Tous les volets sont fermés, en mauvais état mais bien fermés, il n'y a aucun tags sur les murs ni même des bouteilles d'alcool vides qui trainent ce qui montre que même les squatteurs ou les sans abris ne viennent pas ici. Je monte les vieux escaliers du porche qui craquent sous mes pas et je m'arrête devant l'immense porte. Il y a une tête de Lion avec une poignée pour frapper, c'est tellement cliché que ça me ferait presque rire. Presque parce qu'en réalité je suis mort de trouille. Je ferme plusieurs secondes les yeux en inspirant longuement pour me donner du courage.


Allez c'est rien. Je rentre, je monte au grenier, j'ouvre la fenêtre, j'allume le flash de mon portable, je fais un signe aux gars et je gagne 300 Livres. C'est flippant parce qu'il fait nuit mais c'est qu'une vieille baraque qui tombe en ruines. Je peux le faire. J'arrête de réfléchir sinon je vais me dégonfler. Je pousse la porte d'entrée sauf qu'elle ne s'ouvre pas. Évidemment ça ne pouvait pas être simple. J'ai beau taper dedans à coup de pieds ou à coup d'épaule elle résiste, elle refuse de céder.


- Fais chier.


Je regarde autour de moi, il y a un volet qui semble plus abîmé par le temps que les autres. Je tente de l'ouvrir et finalement contrairement à cette fichue porte il cède facilement. Et la fenêtre aussi, tant mieux parce que je n'avais pas envie d'être obligé de la casser avec une pierre. Je me faufile à l'intérieur, mes yeux mettent plusieurs secondes à s'habituer à la pénombre mais contrairement à ce qu'on aurait pu imaginer à cause des volets fermés, il ne fait pas noir dedans. La lune filtre à travers le bois rongé par les mites et il y a tellement de fenêtres partout que c'est suffisant pour y voir. Pas énormément non plus, mais assez pour que la petite lampe de poche que j'ai pris m'éclaire suffisamment.


Je crois que je suis dans le salon. Tout est sale et plein de poussière, les trois quarts des meubles sont recouverts de draps qui devaient être blancs avant mais qui maintenant sont devenus gris. La pièce est immense et je n'imagine pas à quel point elle devait être majestueuse à l'époque. Rien que la cheminée même dans cet état de délabrement laisse encore voir à quel point elle devait être belle. Je ne m'attarde pas, je ne suis pas là pour faire une visite touristique. Je quitte rapidement la pièce et je me retrouve dans le hall, sur ma droite j’aperçois l'entrée de la cuisine et j'en ai des sueurs froides. C'est dans cette pièce qu'il y a eu un des pires et plus horribles faits réels que Manchester ai jamais connu. Argh, j'en frissonne.


C'est vrai que la maison est flippante, mais elle n'a rien d'hantée. Elle est juste abandonnée.



« Si Louis avait fait plus attention, si il avait regardé plus attentivement autour de lui, il aurait vu cette ombre passer dans son dos en traversant le hall. »



Le grand escalier qui me fait face ne me mets pas du tout en confiance. Il semble tellement en mauvais état que je ne suis pas certain qu'il va soutenir mon poids. J'essaye d'éclairer le plus haut possible mais il n'y a rien à faire, je n'arrive pas à voir le premier étage alors je monte. Je n'ai pas fait tout ça pour rien, je ne suis pas arrivé jusque là pour faire demi tour maintenant. J'avais tord, l'escalier est solide en réalité. Il ne craque même pas sous mes pas. Je monte les marches lentement et... Bon OK je flippe carrément, comme une merde. Mais c'est vraiment flippant en fait car plus je monte plus il fait noir. Comparé au rez de chaussez il n'y a aucune lumière à l'étage. Je n'en suis qu'à la moitié des escaliers mais il fait déjà trop sombre et j'ai l'impression de sentir une présence autour moi, comme si je n'étais pas seul. C'est la peur qui me fait halluciner. Il n'y a personne ici, rien à part de la poussière et du noir. Je suis presque arrivé en haut et j'ai l'impression d'avoir vu quelque chose passer à toute vitesse dans le faisceau de lumière de ma lampe. Je plisse les yeux en posant mon pied sur la dernière marche mais je n'ai même pas le temps d'avoir peur qu'un visage surgit juste devant moi, sorti de nul part. Je me mets à hurler et j'ai un mouvement de recul tellement brusque que je tombe à la renverse. Je chute dans les escaliers en roulant, avant d'atterrir durement au sol juste au bas des marches dans le hall. Je roule sur le dos la respiration coupée en poussant un grognement, j'ai mal partout. Ma lampe est tombée dans la chute à quelques mètres de moi et s'est éteinte. Je crois que je me suis cassé une cote. Je referme les yeux et j'appuie dessus en gémissant.


- Tu t'es fait mal ?
- Je crois que je me suis cassé un côte.


Wow minute, qui me parle là ? Je rouvre les yeux, un visage est penché juste au dessus de moi. Un visage entouré d'un halo de lumière blanche.


- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
- N'ai pas..


Je me recule brusquement en rampant en arrière les yeux écarquillés, au le bord de la crise cardiaque.


- N'ai pas peur s'il te plait.. Je ne te ferais pas de mal.


Je recule encore jusqu'à heurter la porte d'entrée dans mon dos, je suis paralysé par la peur. Je suis tétanisé par ce que je vois. Un fantôme.


- N'ai pas peur..


Celui des photos, des coupures de journal. L'adolescent mort ici. Je le reconnais, il porte une chemise blanche de l'époque avec un pantalon noir, sa coupe est démodée, ses cheveux bouclés retombent sur son visage et il est presque transpar.. Il est presque.. Il est transp.. Presque transparent. Ça y est je suffoque, je n'arrive plus à respirer, je panique. Il est transparent. Il est transparent. IL.EST.TRANSPARENT. Il se rapproche de moi je veux recule encore mais je suis bloqué et j'attrape le premier truc qui me tombe sous la main pour le menacer. -Un branche complètement moisie qui ne ferait pas peur à une souris.


- M'approche pas !


Toujours au sol, je le menace avec en tremblant.


- Je ne vais pas te faire de mal.


Il semble triste. J'ai du mal à retrouver mes esprits.


- Je délire c'est ça ?


Je le vois froncer les sourcils, je me relève sans le quitter des yeux en m'aidant de la porte derrière moi. C'est exactement ça. Je suis complètement entrain de délirer. J'ai du me cogner la tête en tombant et j'ai une hallucination. Oui c'est ça, c'est une hallucination. Il n'y pas de gars à moitié translucide devant moi qui me regarde avec un air de chien battu.


- Tu délires ?.. Excuse moi, je ne comprend pas ce que tu veux dire.
- Oui je délire, je délire complètement. Je t'imagine alors que tu n'existes pas.


Et pour confirmer mes paroles j'avance le morceau de bois minable pour le toucher sauf qu'il passe à travers lui et je me remets à hurler. Comme une fille. Il recule immédiatement et lève les mains devant lui comme si il cherchait à me rassurer.


- Ne crie pas s'il te plait...
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH
- Arrête de crier, je te promets que je ne veux pas te faire de mal. Tu n'as pas à avoir peur de moi.


Ses derniers mots me stoppent net. Il se fout de ma gueule c'est ça ? Je tremble de tout mon corps, je suis au bord de la crise cardiaque mais je ne dois pas avoir peur ? Il est au courant qu'il est transparent et qu'il a la tête de gars mort il y a plus de cent ans ? Je suis tellement sous le choc que je me mets à rire. A rire vraiment. Un rire nerveux, un rire qui cache ma peur.


- C'est du délire.


Je n'ai pas lâché le bout de bois et je me masse les tempes comme si ça allait me ramener à la raison.


- Je suis en plein délire.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Pourquoi ?


Je relève les yeux vers lui, il semble réellement perdu comme si il ne comprenait pas.


- Pourquoi ? Mais parce que tu es mort et que tu te tiens devant moi et.. Et que tu brilles !


Ma voix monte tellement dans les aigus que je réalise que je suis encore au bord de la panique sauf que je vois ses yeux se voiler. Se remplir de larmes et il baisse la tête.


- Je sais que je suis mort.


Il y a tellement de tristesse dans sa voix que j'en reste interdit. Je reste là immobile à le fixer lui et son halo de lumière qui l'entoure et tout semble tellement irréel que je n'arrive toujours pas y croire pourtant j'ai mal au cœur pour lui. J'y connais rien en fantôme et tout ça mais je pensais qu'ils étaient plus du genre à faire flipper, avec la tête coupée, du sang et tout ça. Pas qu'ils ressemblaient à un adolescent triste et malheureux. Et je délire tellement au milieu de tout ça que je m'entends à peine murmurer d'une voix tremblante.


- Tu.. Tu es un fantôme ?..


Il relève lentement la tête vers moi, et si on enlève la lumière qui l'entoure il n'a rien d'effrayant.


- Oui.
- Tu es Harold Edward c'est ça ?..


Il hoche la tête et moi je me mets à secouer la mienne frénétiquement.


- C'est dingue, c'est complètement dingue.
- Tu es la première personne que je vois depuis plus de 50 ans..


Il semble tellement triste, tellement malheureux que ça en est déstabilisant.


- N'ai pas peur de moi.. S'il te plait..


Quand je vois qu'il baisse les yeux sur mon bras, je réalise que je suis toujours entrain de le menacer avec le morceau de bois et je me sens stupide. Je le rabaisse sans le lâcher pour autant.


- Désolé.
- Tu as mal ?
- Quoi ?


Il me montre mon ventre d'un signe de la main, avec tout ça j'en ai oublié ma chute et ma côte et oui j'ai mal mais je mens.


- Non, ça va.


En réalité je suis pas certain d'avoir mal ou de ne pas avoir mal. Je crois que je suis trop sous le choc. Je me tiens face à un fantôme et c'est pas franchement banal comme truc.


- Tu vas me tuer ?


La question est sortie toute seule de mes lèvres, mais j'ai le droit de savoir parce que si c'est ce qu'il a en tête je peux toujours essayer de m'enfuir mais il secoue la tête.


- Pourquoi je te tuerais ?
- Je sais pas.. C'est pas ce que vous êtes censé faire vous les fantômes ? Faire peur aux gens, les tuer, les posséder...


Mais je m'arrête en écarquillant les yeux, je suis tellement con que je suis entrain de lui donner des idées sauf qu'il se met à rire. Un rire léger et fin presque lointain, j'ai l'impression de l'entendre résonner dans tout le hall et dans chaque partie de mon corps comme une chaleur agréable.


- Je ne veux pas te faire de mal.


Il semble tellement sincère qu'il en devient rassurant.


- Pourquoi tu es ici ?


Et au point où en est dans l’irréalité de la scène et du moment je lui raconte tout et il ne semble pas comprendre.


- Pourquoi tu fais ça ?
- Parce que j'ai besoin d'argent.
- Tu fais parti du bas peuple ?
- Du bas peuple ?
- Des pauvres.


J'avais presque oublié que je parlais à un fantômes décédé depuis plus d'un siècle et que le monde a changé entre son époque et maintenant.


- On peut dire ça.


Il fronce les sourcils et semble réfléchir.


- Alors si tu montes dans mon grenier et que tu allumes.. Que tu allumes quoi déjà ?
- Le Flash de mon portable.


Il semble encore plus perdu alors je sors mon portable de ma poche et j'allume le flash, il sursaute violemment avant de disparaitre. Comme ça. Une seconde il était là, la seconde d'après il n'y a plus personne devant moi. Je me retrouve seul dans le hall et c'est à mon tour de ne pas comprendre. Avant de réaliser qu'il a du avoir peur, il ne sait pas ce que c'est qu'un iPhone, il n'en a jamais vu et je me sens stupide. Je viens de faire peur à une fantôme. Et je me mets à parler dans le vide.


- Hey reviens. Pardon je ne voulais pas te faire peur.


Et j'attends et j'attends encore et encore jusqu'à ce qu'il réapparaisse à l'entrée du salon, presque caché par le mur, il me regarde pas rassuré.


- Viens, tu n'as pas à avoir peur.


Je tends doucement mon portable vers lui pour le lui montrer.


- Tu ne risque rien, regarde. C'est un téléphone portable, ça sert à appeler les gens.


Je vois qu'il hésite un long moment avant de se rapprocher doucement, je le rassure encore.


- Ça ne peut pas te faire de mal.


En même temps je me demande ce qui pourrait lui faire du mal vu qu'il est déjà mort mais ça je me retiens de le dire. Il se rapproche encore et cette fois il regarde mon téléphone avec curiosité.


- Tu vois, c'est rien. C'est juste une petite boite qui me sert à parler aux gens.
- Et donc si tu l'allumes tes amis te verront et te donneront l'argent qu'ils t'ont promis ?
- C'est ça.
- C'est tout ?...
- Comment ça c'est tout ?
- Tu es juste venu ici pour montrer à tes amis que tu étais capable de le faire ?
- Oui, et pour leur prouver que la maison n'est pas hantée non plus mais ça c'est raté.


Je lâche un rire, il me répond par un sourire timide mais toujours aussi triste.


- Alors suis moi.


Je fronce les sourcils.


- Où ça ?
- Au grenier, on va montrer à tes amis que tu as réussi.


C'est à mon tour de sourire et je le suis. On monte l'étage mais étrangement je n'ai plus du peur. Je n'ai plus peur de lui ni de la maison et encore moins du noir parce qu'il n'y en a plus. La lumière qui l'entoure nous éclaire, elle est rassurante. Le premier étage est aussi délabré que le rez de chaussé et le grenier encore plus. Je crois que si il n'avait pas été là j'aurais tellement flippé que je n'aurais pas eu le courage d'y monter. Il tire une vieille échelle du plafond et passe devant. Il peut toucher les choses pourtant le morceau de bois est passé à travers lui tout à l'heure. Je me demande si je peux le toucher et j'en ai vite la réponse. Il est déjà arrivé en haut alors que moi j'y suis presque mais l'une des marches trop vieille cède sous mon poids et sa main rattrape mon poignet au moment où j'allais tout lâcher et m'effondrer au sol surement en me brisant la nuque. Je relève la tête vers lui, vers sa main qui tient mon poignet. Son contact est froid et fluide sur ma peau comme des flocons de neige pourtant il me tient fermement et me hisse aussi facilement que si je pesais le poids d'une plume. Il m'aide à finir de monter et me lâche qu'une fois que je suis debout. Instinctivement je porte ma main là où il m'a touché, je le regarde dans les yeux longuement comme si son regard m'hypnotisait. Ils sont verts ses yeux et je murmure beaucoup trop proche de lui:


- Merci...
- Je t'en prie..


Il se recule et la bulle dans laquelle j'ai eu l'impression d'être enfermée explose me reconnectant à la réalité. Il se rapproche de la fenêtre, c'est la seule qui n'a pas de volet. Je le rejoins, je me tiens à coté de lui.


- Tes amis sont là ?


Je les cherche dans l'obscurité après toutes les ronces et herbes hautes du jardin.


- Oui ! Là bas.


Et je les lui montre du doigts. Zayn, Niall, Liam, Josh, Jake et Luke. Ils attendent. Je commence à sortir une nouvelle fois mon portable de ma poche mais d'un seul coup je suis aveuglé. Je relève la tête et... Il brille, il brille comme une étoile et la lumière qui l'entoure s'intensifie encore, elle devient tellement forte qu'elle éclaire tout autour d'elle et s'étend encore et encore. Elle brille comme une lumière tout droit venue du paradis. Et il est là au centre, je ne le vois que de profil mais il ressemble à un ange. Un vrai ange. J'ai en le soufflé coupé.


- Tu crois que c'est suffisant ?


C'est sa voix qui me ramène à moi et me coupe dans ma contemplation.


- Ou.. Oui.


Je suis certain que même le ciel l'a vu briller de la haut. Mon portable se met à vibrer dans ma main, c'est Zayn. Ils doivent paniquer devant la lumière, je n'ai pas envie de lui répondre, je ne veux pas faire peur à Harold Edward. Il tourne la tête vers moi et lentement la lumière qui l'entoure faiblit, elle se rétracte pour revenir vers lui et c'est tellement fascinant que je suis incapable de le quitter des yeux. Elle rentre en lui lentement comme si elle lui appartenait avant de redevenir un simple halo de lumière. Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau de toute ma vie.


Je viens de gagner 300 Livres Sterling mais je suis trop subjugué pour le réaliser.


- Tu es seul ici ?
- Oui.


On est redescendu du grenier, on est de nouveau dans le hall et ses yeux sont de nouveau voilés par cette tristesse. On dirait qu'elle l'habite, qu'elle le ronge de l'intérieur et ça me fait mal pour lui. Il semble si innocent, si fragile, si vulnérable que je sens quelque chose en moi se serrer. Il ne ressemble pas à un fantôme, il ressemble à un ange déchu. Un ange à qui on aurait brisé les ailes.


- Ta famille ne sont pas des fantômes comme toi ?


Il secoue lentement la tête.


- Ils ne sont plus là, ils ont trouvé la paix.
- Pas toi ?


Il secoue une nouvelle fois la tête avant de se diriger vers la cuisine. Je le suis mais je bloque à l'entrée de la pièce. C'est là que ça a eu lieu. Ici. Sous mes yeux. Autour de cette longue table maintenant recouverte d'un drap rempli de poussière.


- Non pas moi.
- Pourquoi ?
- Parce que je les ai tué.


Mon cœur rate un battement, mon sang se glace dans mes veines. Je tourne lentement la tête vers lui, il fixe la table comme si il s'était perdu dans ses souvenirs et il répète encore dans un murmure:


- Je les ai tué. Mon père, ma mère et mes deux sœurs, je les ai tué.


Et comme par magie la scène se dessine sous mes yeux. Comme un voile qu'on lève lentement, la cuisine se transforme. Tout est flou comme dans un rêve. La poussière, l'abandon et le délabrement fait place à la richesse et la chaleur d'un été.


Une dame magnifique dans une robe longue jaune pâle, tenant un bébé dans ses bras est assise sur une chaise autour de la table, une jeune fille toute aussi belle se tient en face d'elle. Un homme digne et fier est assis à un bout entrain de lire le journal et à l'autre bout un adolescent aux yeux verts. Je peux ressentir tout le bonheur et l'amour de cette famille et tout se brise, tout s'éclate. Un gâteau aux framboises est coupé au centre de la table, seulement trois parts. Une pour la mère, une pour la jeune fille et une pour lui. Il n'a pas touché à la sienne et comme si il répondait à ma question silencieuse il murmure:


- Mon père n'aimait pas les framboises.


Les deux femmes se mettent à convulser, le bébé à pleurer, l'homme à paniquer. Il se relève de sa chaise horrifié, secouant sa fille avant de se précipiter vers son épouse. L'adolescent lui est toujours aussi calme et paisible. Même quand il se lève et sort un pistolet. "Harold qu'est.." PAN. Un seul coup de feu, une balle entre les deux yeux et le corps du Baron qui s'effondre au sol. Toujours avec le même calme et la même plénitude il dépose l'arme dans la main de l'homme avant de s’emparer du bébé pleurant dans les bras de sa mère, il le prend dans ses bras avant de se réinstaller à sa place et le berce tendrement. Lui murmurant une berceuse pendant qu'il l'étouffe avec une serviette et quand les pleures s'arrêtent enfin, quand le nourrisson cesse de respirer il mange dans une lenteur effrayante sa part du gâteau. Il mange jusqu'à suffoquer à son tour, mourant en tenant sa sœur contre lui.


Je reviens à moi dans un violent sursaut, la cuisine est de nouveau abandonnée et sale. Je tremble, j'ai du mal à respirer, je le regarde de nouveau.


- Pou..


J'ai du mal à parler.


- Pour..Pourquoi ?


Pourquoi avoir fait ça ? Pourquoi les avoir tuer ? Pourquoi avoir empoisonné sa propre famille.


- Parce que je ne les aimais pas.


Il hausse les épaules avant de lentement relever son visage vers moi. Il n'a plus rien d'un ange, seulement le halo. Ses yeux ont perdu toute leur innocence et son regard ne reflète que le mal et la folie malsaine qui l'habite.


Tout devient noir autour de moi. Le noir le plus complet et le plus total.


Quand je rouvre les yeux je suis dans une chambre d’hôpital. Les garçons m'ont retrouvé inconscient dans le jardin du Manoir. D'après les médecins je me serais évanoui à cause de la peur. Personne n'a cru à mon histoire mais je sais que je n'ai rien imaginé, que tout était réel. Un adolescent hante cette maison, un adolescent habité par le mal qui a tué toute sa famille vit encore dans cette maison.



Le diable à l'apparence d'un ange.






Fin.
Publié le 18/8/2014
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Une lectrice, posté le 2017-02-26 19:10:52

Je crois qu'il s'agit de mon OS préféré. Quel dommage que tu n'en ait pas fait une fiction à part entière :(...
Eowaia, posté le 2016-10-25 13:55:54

Je ne suis vraiment pas du genre à laisser des commentaires ; je ne sais pas pourquoi, tu le mérites amplement. Je voulais juste te dire que j'ai été très très déçue de ne pas avoir la suite, de pouvoir suivre leur évolution, et comme beaucoup de personnes, ça me plairait énormément de voir cet magnifique OS adapté en fiction.
Ton Admiratrice, posté le 2016-01-08 18:24:49

WOOOOOOOOW mais. wow.
Une lectrice, posté le 2015-03-03 10:52:45

moi aussi je trouve que tu devrais la mettre en fiction...c'est magnifique...
Une lectrice, posté le 2014-12-01 18:47:58

Ouais, tu devrais le mettre en fiction parce que c'est tellement bien....enfin moi j'aimerais trop <3<3